Par Zora Charpentier
Mary Wollstonecraft (1759-1797), est une maîtresse d’école, femme de lettres, philosophe et féministe anglaise. Son œuvre principale est un pamphlet contre la société patriarcale dans laquelle elle vit, Défense des droits de la femme.
Mary Wollstonecraft est née dans une famille aisée qui sombrera au bord de la ruine et poussa Mary a quitté le domicile familial. Son père battait sa mère. Mary prenait souvent la défense de celle-ci, n’hésitant pas à s’opposer à la figure paternelle violente que représentait son père.
Elle a été mariée au philosophe William Godwin, un des fondateurs du mouvement anarchiste. A sa mort, elle publiera Memoirs of the Author of A Vindication of the Rigths of Woman (Souvenir de l’auteur de « Défense des droits de la femme »).
En 1790, Mary Woolstonecraft prend part à une controverse révolutionnaire. Elle répond à Reflections on the Revolution in France d’Edmund Burke par A vindication of the Rights of Men (Défense des droits de l’hommes). Elle attaque l’aristocratie et prône le républicanisme. Wollstonecraft s’attaque non seulement au privilège héréditaire, mais aussi à la rhétorique que Burke utilise pour le défendre.
En 1791, lorsque Talleyrand présente son Rapport sur l’éducation publique à l’Assemblée nationale en France, celle-ci y répond par A Vindication of the Rights of Woman (défense des droits de la femme). Cet ouvrage publié en 1792 est l’un des premiers essais féministes. Elle y défend l’idée que les femmes ne sont pas naturellement inférieures aux hommes, mais semblent l’être uniquement parce qu’elles manquent d’éducation. Elle suggère que les hommes et les femmes soient traités comme des êtres rationnels et imagine un ordre social fondé sur la raison.
« L’éducation la plus parfaite » est « un exercice de l’intelligence calculé au mieux pour fortifier le corps et former le cœur, en d’autres termes, permettant à l’individu d’acquérir les habitudes vertueuses qui assureront son indépendance. ».
Elle élabore un plan spécifique pour l’éducation nationale, en opposition à celui qu’a conçu Talleyrand pour la France. Dans le chapitre XII, « Sur l’éducation nationale », elle propose que tous les enfants soient envoyés dans une « Country Day School », tout en recevant une certaine éducation chez eux « pour leur inspirer un amour du foyer et des plaisirs domestiques ». Elle privilégie aussi la mixité, faisant valoir que les hommes et les femmes, dont le mariage est « le ciment de la société », devrait être « éduqués sur le même modèle ».
La plupart de ces œuvres les plus connues sont centrés sur l’éducation. Dans Thoughts on the Education of Daughters (1787) et son livre pour enfants Original Stories from Real Life, elle soutient une éducation pour les enfants basée sur l’éthique émergente de la classe moyenne : autodiscipline, honnêteté, bien-être social. Elle privilégie l’apprentissage du raisonnement.
Aujourd’hui, elle est considérée comme une des pionnières de la philosophie féministe par ses œuvres ainsi que son style de vie peu conventionnelle pour son époque qui est décrit dans les œuvres de son mari William Godwin.
Cet article n’engage que son autrice.
