Olympe De Gouges

Par Oxana Oursel

« Femme, réveille-toi (…). Reconnais tes droits » Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791

Née le 7 mai 1748, à Montauban, sous le nom de Marie Gouze, Olympe de Gouges vient d’une famille modeste, fille d’un père boucher et d’une mère servante.

En 1765, alors âgée de dix-sept ans, elle se marie à Louis-Yves Aubry, traiteur parisien, de trente ans son aîné, avec qui elle aura un fils. Elle se retrouve très rapidement veuve, et part s’installer à Paris pour se consacrer à l’écriture et y découvrir les possibilités d’indépendance tant convoitées.

La loi française de son temps interdisant à une femme de publier un ouvrage sans le consentement de son époux, elle décide de ne jamais se remarier, conservant de ce fait sa liberté de publication et juge bon d’utiliser un pseudonyme – créé à partir du prénom de sa mère et de son patronyme – pour ses écrits, lui accordant l’anonymat, un renouveau et une possible célébrité. Elle ‘devient’ donc Olympe de Gouges, femme de lettres publiant des romans et des pièces de théâtre.

« La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. » Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791

Période de grande instabilité en France, elle continue d’écrire et publie des ouvrages pour l’égalité des droits et la fin de l’esclavage. C’est à la Révolution française* qu’Olympe de Gouges rédige en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en réponse à l’adoption de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 août 1789. Un des textes fondateurs du féminisme originel, il affirme l’idée d’une égalité totale et inconditionnelle entre les deux sexes, d’une émancipation des femmes et de l’importance de la place sociale et politique de celles-ci. 

Lors du procès de Louis XVI, elle affirme son soutien et prend le parti des Girondins*, publiant des pamphlets contre Marat et Robespierre*. Après la chute des Girondins, elle est accusée d’être à l’origine d’une affiche girondine et sera par la suite arrêtée et condamnée à mort le 20 juillet 1793. Le 3 novembre 1793, Olympe de Gouges meurt, guillotinée.

– Idées et politique –

Olympe de Gouges est en quelque sorte en avance sur son temps. En effet, elle défend la cause des Noirs, s’oppose à l’esclavage et à la peine de mort, défend la non-violence, les orphelins et les droits des mères célibataires et demande l’égalité des sexes.

Elle est l’une des premières à faire des propositions concrètes en faveur de la démocratie, laissant de nombreux écrits en faveur des droits civiques et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Autrice de cette Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et devenue symbole des mouvements pour la libération des femmes, et de façon plus générale pour l’humanisme, elle est aujourd’hui considérée comme l’une des premières féministes* françaises.


Extrait de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, 1791

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Préambule

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale.

Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur, en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article premier. La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l’oppression.

Article 3. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la Femme et de l’Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

(…)

Pour lire le texte intégral, vous pouvez vous rendre sur le site : https://gallica.bnf.fr/essentiels/anthologie/declaration-droits-femme-citoyenne-0 


*Index :

  • Féminisme – ensemble de mouvements et d’idées philosophiques qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.
  • Révolution française – période de bouleversements sociaux et politiques de grande envergure en France, dans ses colonies et en Europe à la fin du XVIIIe siècle.
  • Girondins – La Gironde (ses membres étant appelés « les   girondins ») est un groupe politique siégeant à l’Assemblée législative puis à la Convention nationale, pendant la Révolution française. Issus de la bourgeoisie aisée, ils craignent le retour à l’Ancien Régime et les insurrections populaires. Ils veulent sauvegarder les institutions décentralisées mises en place en 1789 et stabiliser la Révolution. Certains d’entre eux plaident pour une guerre qui obligerait le roi à choisir définitivement le camp de la Révolution et étendrait à l’Europe les acquis de la Révolution et les Droits de l’Homme.
  • J-P. Marat – né en 1743 et assassiné en 1793 à Paris. Médecin, physicien, journaliste et homme politique français. Il est député montagnard* à la Convention à l’époque de la Révolution.
  • Montagnard – groupe politique de la Révolution française, à la Convention nationale, favorable à la République et opposé aux girondins.
  • M. Robespierre – né en 1758 et mort guillotiné en 1794 à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Avocat et homme politique français, Il est l’une des principales figures de la Révolution française et demeure aussi l’un des personnages les plus controversés de cette période.

Cet article n’engage que son autrice

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