Vivian Maier

Par Harmonie-Toscane St-Pierre-Delhaye

Vivian Maier, née le 1er février 1926 à New York et décédée le 21 avril 2009 à Chicago est une photographe de renommée internationale au destin étonnant.

Une vie banale : Fille de deux immigrés américains d’origine française et autrichienne, Vivian Maier a vécu une enfance mouvementée, entre les État-Unis et la France. À la séparation de ses parents alors qu’elle n’a que 3 ans, Vivian suit sa mère en France et ne revient en territoire américain qu’à ses 12 ans. Une fois adulte, Maier réitère son expérience outre-mer : elle y vécut durant 5 ans, de ses 20 à 25 ans, l’occasion pour elle de s’initier à l’art de la photographie. Suite à ses deux allers-retours entre la France et les États-Unis, Vivian Maier finit par s’établir définitivement aux États-Unis, successivement à New York de 1951 à 1956, puis à Chicago, de 1956 jusqu’à sa mort.

Femme de l’ombre, femme d’autoportrait : Installée définitivement à New York, la photographe amateure devient nourrice pour le compte d’une famille établie à Southampton, à Long Island. Durant 4 ans, Vivian Maier occupe donc cette fonction de nanny, puis décide de déménager à Chicago où elle s’est une fois de plus engagée en tant que nourrice au sein d’une famille de trois garçons. Vivian Maier, femme discrète et mutique quant à son histoire familiale mène une vie sans débordement ni événement exceptionnel. Rien ne prédestinait cette femme à se démarquer.  Pourtant, en dehors de ses heures de travail pour la famille Gensburgh, Vivian Maier s’adonne à sa passion : la photo. Dès qu’elle le peut, Maier sort dans les rues pour photographier le quotidien des habitants de Chicago. On aperçoit par ici une paire de femmes âgées discutant dans la rue, là-bas un garçon et son père… Mais au-delà de ses scènes de quotidien immortalisées par l’appareil de Vivian Maier, on peut découvrir une série d’autoportraits discrets. Effectivement, là où l’on peut apercevoir deux femmes assises sur un banc, il y a l’ombre de Vivian Maier ; là où l’on peut voir un vitrier transportant un miroir, il y a la silhouette de la photographe ou encore là où l’on entrevoit uniquement la vitrine d’un magasin, on retrouve le reflet de l’artiste. Cette femme, invisible aux yeux de ses contemporains, trouve par le biais de la photographie un moyen d’expression et d’ouverture au monde.

La découverte posthume de son œuvre : Cependant, cette affirmation se fait très discrète, puisque développant quelques photos ou bien les gardant sous forme de pellicule, elle ne diffuse pas son art au grand public. Les négatifs et les albums photos, sont tous conservés durant de nombreuses années dans un entrepôt, recelant des trésors de photographie…   Peu avant son décès, une partie des biens de Maier sont vendus aux enchères et les négatifs de celle-ci sont publiés ou bien utilisés à des fins commerciales. C’est de cette manière que les 150 000 clichés de cette photographe méconnue sont mis au goût du jour et connaissent un succès posthume.  

Une œuvre exposée : Vivian Maier n’a pas assisté à la découverte de son œuvre, qui a été exposée dans des musées français, américains, suisses… Photographe encore peu connue, mais dont l’œuvre est impressionnante, une exposition lui est dédiée au Musée du Luxembourg, et ce, jusqu’au 16 janvier 2022. 

Cet article n’engage que son autrice.

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