Salomé saqué

Par Enora Guyot

Née en 1995 en Seine et Marne, Salomé Saqué est journaliste pour le média numérique indépendant Blast mais également pour France Info et France 5. 

« Ma révélation ? Blood Diamond. Ce film, qui certes fantasmait complètement le métier, m’a fait découvrir ce que c’est que de dénoncer. » – Salomé Saqué

Son enfance en Ardèche puis ses études supérieures à Lyon lui font réaliser la rupture entre les milieux ruraux et ceux urbains notamment en termes d’éducation. Passionnée de journalisme, elle se tourne vers les grandes écoles privées qui s’avèrent trop coûteuses et l’oblige donc à opter pour l’université publique. Elle y fera du théâtre et effectuera une année Erasmus à Madrid motivée par son intérêt pour le mouvement de gauche radicale espagnol Podemos. Les indignations d’une partie des citoyens espagnols puis celles des Gilets Jaunes contribuent à développer sa capacité à critiquer et contester un système. Cette année à l’étranger lui ouvre les portes des médias avec un stage à la Radio nacional de España. En France, c’est avec Le Monde diplomatique et France 24 qu’elle enrichit son expérience dans le milieu journalistique après avoir été diplômée d’un master en droit international et d’un autre en journalisme.  

« Je fais partie de la génération qui va vivre l’effondrement. » – Salomé Saqué

La cause climatique la préoccupe très tôt avec le renforcement du « dérèglement » climatique. Il y a un an sur le plateau d’Arte, la journaliste fait l’expérience d’une scène malheureusement proche du scénario du film « Don’t Look Up »[1] où elle alerte sur l’urgence climatique, le besoin impératif de mesures concrètes et drastiques ainsi que sur un effondrement assuré si l’inaction persiste. La réaction des autres personnes présentes sur le plateau se résume à des rires, des blagues et au fait que Salomé Saqué « casse l’ambiance». Elle se retrouve face à des personnes de générations plus âgées qui ne semblent ne pas se sentir concernées par l’urgence climatique. Cette scène révoltante attire brusquement l’attention sur la journaliste qui devient pour la jeune génération une voix de la lutte climatique aux côtés de celle de Camille Etienne.  

Convaincue par le rôle majeur de l’économie dans la lutte contre le changement climatique, Salomé Saqué se spécialise dans ce domaine pour informer davantage sur les outils économiques efficaces pour la protection de l’environnement. Pour la journaliste la lutte climatique nécessite de « toucher les masses », d’être présent sur le plan médiatique et de capter l’attention du plus grand nombre pour devenir une priorité. 

« Je pense que ce qui est fou ce sont les gens qui ne tirent pas la sonnette d’alarme et les journalistes qui ne parlent pas du changement climatique avec la gravité que c’est censé impliquer. » – Salomé Saqué

Salomé Saqué reçoit des critiques quant à son manque de neutralité en tant que journaliste à quoi elle répond qu’elle se définit plutôt comme une journaliste engagée qui garde l’objectivité et la transparence au cœur de son travail. Malheureusement, comme beaucoup d’autres journalistes Salomé Saqué se fait insulter sur les réseaux sociaux notamment sur son physique et sur son travail accusé d’être incompétent. 

En outre, la journaliste combat explicitement les discriminations de genres et celles liées à l’âge. En effet, Salomé Saqué fait face à une décrédibilisation de son travail au vu de son jeune âge (27 ans).  

Ainsi, Salomé Saqué fait partie d’une nouvelle génération de journalistes plus engagés sur des thèmes centraux tels que l’écologie, l’égalité femmes-hommes ou encore le respect des contributions plurielles des jeunes. Elle promeut la diffusion d’informations vérifiées pour contrer celles biaisées de certains médias qui, pour certains, profitent d’une grande audience. 

Cet article n’engage que son autrice.


[1] https://www.youtube.com/watch?v=lmOORXEo7NQ

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