Vaiana, une princesse résolument moderne

Par Alice Haralambon

Le 56ème long métrage d’animation réalisé par John Musker et Ron Clements pour Disney met en scène une jeune polynésienne Vaiana qui, devenant cheffe de sa tribu, va devoir affronter la potentielle famine de son peuple. Pour le sauver, elle va braver l’autorité paternelle pour naviguer au-delà du récif et voguer au bout du monde.

            « Vaiana : la légende au bout du monde » s’inscrit dans la lignée des Disney vraisemblablement plus sensibles aux questions sociales. Le traitement plus progressiste concerne par exemple la représentation des personnages féminins : la figure de la princesse passive est définitivement balayée.

            On connait désormais le rôle joué par les dessins-animés sur la socialisation des enfants, au contact desquels ils développent une vision du monde et de leurs possibilités futures. Apparait alors la nécessité de diffuser des films d’animation qui interrogent certains de nos schémas réducteurs. En représentant une petite fille métisse, téméraire, audacieuse, qui ne se laisse pas enfermer dans le rôle qu’on attend d’elle, les réalisateurs ont réussi ce pari.

            Non seulement Vaiana désobéit au patriarche pour faire ce qu’elle estime être juste mais elle brave les tempêtes, surmonte l’inconnu et va littéralement jusqu’au bout du monde pour sauver les siens. Voilà une princesse qui n’attend plus son prince pour être sauvée et voilà ce qui fait d’elle une véritable héroïne.

            Les réalisateurs ont aussi mis l’accent sur les enjeux environnementaux. L’océan y est un personnage à part entière et le graphisme très réussi est particulièrement coloré. Voilà surement le signe d’une firme qui a compris le rôle éducatif qu’elle doit assumer.


            Bien que ce tournant progressiste ait été opéré par le géant de l’animation depuis quelques années déjà, on peut saluer les nouveautés qui sont ici à l’oeuvre. L’histoire insiste par exemple sur l’importance des relations entre Vaiana et les femmes de son entourage qui vont la soutenir dans sa quête du large contre l’avis de son père. Pendant sa traversée, l’esprit de sa grand-mère viendra aussi la rassurer dans ses moments de doute : l’accent est mis sur la sororité comme une composante phare du récit.

            Il est évident que cette volonté affichée de progressisme est en prise avec des logiques marketing plus que rentables. Néanmoins, au vu de l’audience gigantesque de Disney qui touche des millions d’enfants à travers le monde, qui baignent et grandissent dans la « culture Disney », on peut se réjouir de voir apparaitre des dessins-animés plus inclusifs dont les princesses ne s’accomplissent plus passivement. Ces derniers ouvrent d’autres perspectives aux petites-filles au-delà de la simple histoire d’amour comme but ultime.

Cet article n’engage que son autrice.

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