Par Marie Lebrun
« Personnage au destin exceptionnel, elle était la femme politique dont la légitimité était la moins contestée, en France et à l’étranger. Dans son autobiographie, elle se montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine. » – Une vie, Quatrième de couverture.
A travers la présentation de ce récit autobiographique à la fois riche et intense, l’Antenne UN Women vous propose ainsi de revenir sur le chemin passionnant parcouru par Simone Veil, en insistant sur la détermination qui n’a eu de cesse de l’accompagner. Cette autobiographie se décline en onze chapitres où elle se présente comme étant une femme libre et indépendante, dont le tempérament ardent lui a permis de se forger un caractère résistant à toute forme de conformisme et d’embrigadement.
Chapitre 1 – Une enfance niçoise
Au cours du premier chapitre, Simone Veil raconte son enfance vécue à Nice auprès de sa famille qui s’est installée sur la Côte d’Azur. Née en 1927 et originaire de Lorraine, elle parle avec une certaine nostalgie de ses années heureuses d’avant-guerre comme un véritable paradis, où elle vivait encore dans un environnement sécurisant.
Chapitre 2 – La nasse
Elle évoque ensuite la triste tournure qu’a pris la fin de son été 1939 à l’annonce de la déclaration de guerre le 1er septembre. Appartenant à la communauté juive, elle est rapidement menacée dès le début de la Seconde Guerre mondiale ainsi que sa famille. Cette insécurité augmente à mesure que la Gestapo (police politique du Troisième Reich) étend son influence sur le territoire français au cours des années 1940. Elle fait alors mention des réseaux de solidarité développés dans le but de protéger les juifs. Malgré cela, elle se fait arrêter lors d’un contrôle, alors qu’elle s’apprêtait à fêter la fin de ses épreuves du baccalauréat.
Chapitre 3 – L’enfer
Comme le titre du chapitre l’indique lui-même, Simone Veil y raconte sa descente aux enfers. Elle situe ce moment de bascule lorsqu’elle est déportée vers le camp d’extermination polonais d’Auschwitz-Birkenau à partir d’avril 1944 avec sa mère et sa sœur. Alors âgée de 16 ans, elle y décrit les difficultés de son quotidien liées au travail forcé, mais également les nombreuses peurs qui l’animent. Habitée par la crainte incessante de mourir ou de perdre ses proches, elle fait aussi mention des profondes peines ressenties au milieu de ce chaos.
Chapitre 4 – Revivre
Rescapée avec ses deux sœurs dont l’une d’elles est très affaiblie car malade, elle sort du camp d’Auschwitz en janvier 1945. De retour en France au mois de mai, elle relate son départ pour la Suisse, où elle est recueillie par son oncle et sa tante, après avoir perdu sa mère atteinte du typhus, ainsi que son père et son frère assassinés en Lituanie. Elle prend la décision d’entamer des études de droit puis intègre Sciences Po, aussi appelé l’Institut d’études politiques de Paris et se dit très investie dans son travail universitaire. Elle raconte également sa rencontre avec son futur mari, Antoine Veil, auprès de qui elle dit avoir retrouvé une famille, et donne naissance à trois garçons. Elle évoque la suite de sa vie dans une Europe en pleine reconstruction et les autres drames qu’elle a traversés.
Chapitre 5 – Magistrat
Les femmes étant désormais admises à s’inscrire au concours de la magistrature depuis 1946, Simone Veil renonce à sa vocation d’avocate dans les années 1950 pour se préparer aux épreuves tout en élevant ses trois enfants. Après négociation, elle parvient à ce que sa candidature soit acceptée et réussit par la suite à devenir magistrate. Ce choix de carrière marque alors son entrée dans la haute fonction publique française. Simone Veil mentionne les problématiques qui animent la classe politique de l’époque, telles que la question coloniale, l’actualité judiciaire ou la construction européenne. Elle raconte aussi ses multiples excursions sur le continent africain et asiatique.
Chapitre 6 – Au gouvernement
En 1974, elle est nommée Ministre de la Santé et fait ainsi partie du gouvernement Chirac, formé après l’élection du Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. Au cours de la même année, après avoir contribué à faire élargir le champ de la contraception, elle est chargée de faire adopter la « loi Veil », soit la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse sur le territoire français. Ce combat lui vaut d’être identifiée comme l’une des figures de proue dans la défense des droits des femmes en France.
Chapitre 7 – Citoyenne de l’Europe
Après avoir occupé les mêmes fonctions ministérielles pendant près de cinq ans, la perspective de la première élection du Parlement européen au suffrage universel direct et son besoin de changement font prendre à sa carrière politique un nouveau tournant à la fin des années 1970.
Elle raconte sa campagne électorale avant d’être élue députée européenne, puis elle est nommée Présidente du Parlement européen, de 1979 à 1982.
Chapitre 8 – Bis repetita
Après avoir quitté la scène européenne, elle s’engage dans la lutte contre le sida en prenant conscience de l’ampleur de cette épidémie en Afrique. En mars 1993, elle renouvelle son expérience ministérielle puisqu’elle est nommée Ministre d’Etat, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville par Edouard Balladur, jusqu’en mai 1995. Elle relate aussi son court passage à l’UDF (Union pour la démocratie française).
Chapitre 9 – Vue de Sirius
A partir de 1998, elle devient membre du Conseil constitutionnel français, sur proposition du Président du Sénat de l’époque, René Monory, pour neuf ans, jusqu’en 2007. Elle détaille les prérequis de cette fonction, ses missions et s’implique particulièrement dans la lutte contre les discriminations.
Chapitre 10 – Le mouvement
Dans le souhait de « réconcilier le citoyen avec l’Etat », elle mentionne les domaines clés pour lesquels la France doit « se remettre en mouvement » que sont à ses yeux l’éducation, le travail, le logement, la santé, la justice et la réforme étatique.
Chapitre 11 – La lumière des Justes
Ce dernier chapitre souligne l’effort de vérité entrepris par la France à propos de l’Holocauste. Simone Veil se dit profondément honorée d’avoir ainsi présidé à partir de 2001 la Fondation pour la mémoire de la Shoah, celle-ci étant dotée d’une mission pédagogique et mémorielle. Après avoir quitté ses fonctions au Conseil constitutionnel et à la Fondation en 2007, Simone Veil s’adonne enfin à une vie nouvelle, familiale et privée.
Son autobiographie se clôt par des annexes présentant des extraits de ses allocutions et discours. L’ambition de ce récit autobiographique porté par la force et l’espoir est donc de retracer la vie de Simone Veil, de sa tendre enfance jusqu’à l’apogée de sa carrière politique, en passant par sa douloureuse expérience en camp de concentration.
L’ancien directeur de rédaction de l’hebdomadaire L’Express, Christophe Barbier, écrit d’ailleurs à propos de son parcours que « sa vie n’en est pas simplement ‘une’, tant elle est exceptionnelle. » Décédée en 2017, Simone Veil fait partie des cinq femmes à avoir eu l’honneur d’entrer au Panthéon à Paris, en juillet 2018, aux côtés de Sophie Berthelot, Marie Curie, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion.
Cet article n’engage que son autrice.

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