Par Aurore Poncelet
« We have a powerful potential in our youth, and we must have the courage to change old ideas and practices so that we may direct their power toward good ends. » – Mary McLeod Bethune
Mary McLeod Bethune, née le 10 juillet 1875 en Caroline du Sud et morte le 18 mai 1955, était une éducatrice américaine, une féministe et une grande militante de la lutte pour les droits civiques. Fille d’anciens esclaves, elle subit très tôt les conséquences de cet asservissement, et travaille elle-même dans les champs de coton qui appartiennent à ses parents, dès l’âge de neuf ans.
Contrairement à ses autres frères et sœurs, elle parvient cependant à intégrer un pensionnat en Caroline du Nord, dont elle sort diplômée. Persuadée que l’accès à l’instruction pourrait mettre un terme aux inégalités raciales, Mary s’engage très vite pour l’éducation des jeunes noirs qui, dans l’Amérique ségréguée, ne pouvaient prétendre aux écoles blanches. C’est la raison pour laquelle elle crée la « Bethune Cookman School », initialement réservée aux jeunes filles noires. Elle travaille ensuite pour Franklin D. Roosevelt, notamment lors de sa campagne électorale, et intègre le département national d’administration de la jeunesse des Affaires afro-américaines : elle devient alors la première femme noire à la tête d’un organisme fédéral. Au sein de cette Administration Nationale pour la Jeunesse (NYA), elle soutient notamment les jeunes entre seize et vingt-cinq ans dans leur recherche d’emplois. Quelques temps plus tard, elle est nommée Directrice de la Division des Affaires noires et travaille principalement à valoriser la jeunesse noire, grâce à des programmes scolaires spécifiques. Le dernier rapport publié par la NYA en 1943 a notamment révélé que ce sont environ 300 000 jeunes hommes et femmes noirs qui ont profité des projets de formation de la NYA et ont fini par obtenir du travail.
Ses combats pour les droits des femmes, et plus particulièrement des femmes noires, furent nombreux. Mary devient en effet membre active de l’Association nationale des femmes de couleur jusqu’à sa mort en mai 1955, à soixante-dix-neuf ans. L’association avait pour but de répondre aux préoccupations des femmes noires, en améliorant leurs conditions de travail et en prenant leurs requêtes (notamment en ce qui concerne l’éducation) au sérieux. En 1935, elle fonde le Conseil national des Femmes Noires (NCNW) à New York. Ses combats au sein du conseil ont notamment permis aux femmes noires de devenir officiers dans le Corps d’armée féminin, pendant la Seconde Guerre Mondiale, auparavant réservé aux femmes blanches uniquement.
Ces engagements multiples lui ont valu le surnom de « Première Dame de la Lutte pour les Droits Civiques » (« The First Lady of Struggle » en anglais), qu’elle honore à plusieurs reprises. Un mémorial a été érigé en son honneur au sein du Lincoln Park, à Washington, par Rober Berks, en 1973. En 2018, l’État de Floride a annoncé la construction d’une nouvelle statue dans le Capitole, où, depuis 1864, sont exposées les statues des figures qui ont marqué l’histoire américaine. Mary McLeod est donc la première femme afro-américaine à faire son entrée dans la salle des Congrès. C’est à une autre femme, Nilda Coma, artiste d’origine portoricaine, que l’État de Floride a confié la commande. Cette dernière souhaite faire de Mary McLeod Bethune un symbole, et les premiers croquis la représentent en effet debout, en robe universitaire, appuyée sur une canne, une rose noire à la main.
Aujourd’hui, plusieurs écoles aux États-Unis portent son nom et elle est inscrite au National Women’s Hall of Fame.
Cet article n’engage que son autrice
