La servante écarlate

Par Maïa Saussier

Une série inspirée d’un ouvrage de Margaret Atwood :

La servante écarlate, ou The Handmaid’s Tale dans sa version originale, est une série dystopique, inspirée du roman éponyme de Margaret Atwood publié en 1985. Cette série américaine a été créée par Bruce Miller, et est diffusée depuis 2017. Elle compte actuellement trois saisons et 36 épisodes.

Cette série met en scène une version dystopique et totalitaire des Etats-Unis. Dans un futur proche, le taux de fécondité s’écroule, du fait notamment de la pollution environnementale. Une secte religieuse protestante prend alors le pouvoir à la Maison Blanche. La République de Gilead régit strictement les relations sociales et sexuelles. Les hommes occupent les postes de pouvoir, tandis que les femmes sont démises de leur statut de citoyenne. Ces dernières sont catégorisées selon leur fonction sociale et sexuelle : les Epouses sont les femmes des dirigeants, les Servantes sont destinées à la reproduction, les Tantes surveillent les Servantes, les Marthas s’occupent des maisons des dirigeants, etc. Cette série suit le parcours de June Osborne, une Servante dont la fille a été confisquée par le régime lors du coup d’Etat, et dont le mari s’est réfugié au Canada.

Une dystopie féministe percutante :

Cette série nous permet, tout particulièrement, de reconsidérer la place des femmes dans nos sociétés. En effet, June Osborne se livre à de riches réflexions sur la place des femmes au temps des Etats-Unis, et sur les libertés dont elles jouissaient. L’attachement de la République de Gilead aux valeurs patriarcales et religieuses entraine la suppression de la majorité, voire de la totalité, des droits des femmes. Cette série illustre parfaitement la pensée de Simone de Beauvoir qui affirmait « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant », et nous alerte sur la nécessité de rester vigilant.e.s à la conservation et à la défense des droits des femmes. En effet, suite à une crise environnementale, sécuritaire ou religieuse, ces droits sont rapidement foulés aux pieds, comme l’a pu être le droit à l’avortement durant la crise sanitaire du Covid-19. Ici, les femmes de la République de Gilead sont principalement réduites à leurs fonctions reproductives, et exploitées par le pouvoir patriarcal. Elles sont contrôlées par les dirigeants qui déterminent leur nom, leur habillement, leur fonction sociale, etc. Les Servantes sont violées par les Commandants, selon le Rituel, afin de pourvoir leur foyer d’un enfant, malgré la stérilité de leur Epouse.

Si la Servante Ecarlate peint un futur terrifiant et rend crédible la victoire du patriarcat, cette série met également en scène la lutte des femmes du régime pour leurs droits et leurs libertés, animées par un fort sentiment de sororité. Cette oeuvre rappelle constamment la nécessité du féminisme dans nos sociétés. Les ventes du roman se sont d’ailleurs envolées depuis l’élection de Donald Trump, l’ouvrage est devenu le symbole de la résistance féministe aux Etats-Unis. De nombreuses militantes ont repris les codes vestimentaires de l’univers créé par Margaret Atwood, pour manifester contre chaque oppression patriarcale et menace des droits des femmes.

 

Cet article n’engage que son autrice.

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