Par Inès Dupuy
Depuis toujours et sous de multiples formes, les femmes travaillent et contribuent à la production de la société. Malgré de multiples évolutions au sein des sociétés contemporaines et l’amélioration des conditions du travail des femmes, il subsiste néanmoins des inégalités entre les hommes et les femmes.
Être une femme qui travaille aujourd’hui, c’est constater l’existence de nombreuses et différentes inégalités au niveau de l’embauche, de la rémunération mais également au niveau du traitement que ce soit pour les promotions ou encore l’évolution de la carrière professionnelle.
« Vous êtes jeune mariée ? Donc vous comptez faire des enfants ? » Ces questions contradictoires avec un recrutement impartial et illégales de surcroît, prouvent que pour les femmes, la discrimination à l’embauche est loin d’être un combat terminé. Afin de prouver cette discrimination, la Fondation des Femmes a réalisé un test dans la région de l’Ile de France en envoyant pas moins de 900 CV pour des postes de mécanicien ou jardinier. Chaque CV était en réalité envoyé en double, l’un contenant une photographie de femme et l’autre, celle d’un homme. Sur une très grande partie des CV envoyés, la candidate avait 20% de chance en moins que le candidat d’être contacté, car selon les justifications des employeurs, ces métiers étaient surtout destinés aux hommes. Un métier d’homme on le sait, ça n’existe pas. Il en est de même pour les postes qualifiés : les femmes de 25 à 37 ans qui n’ont pas encore d’enfants ont très peu de chance d’être recrutées, et ce n’est pas tout ! Il est également reproché aux femmes de 45 ans et plus un « manque de dynamisme ou une mauvaise connaissance des nouvelles technologies ». Le temps restant à travailler au sein de l’entreprise peut par ailleurs être jugé trop court et le coût salarial trop élevé.
En quoi un homme quarantenaire n’aurait pas autant de difficultés qu’une femme à comprendre les avancées technologiques de son entreprise ? En quoi un homme ne pourrait-il pas prendre un congé de paternité et « ralentir » le fonctionnement de sa boîte ? Pourquoi un homme serait-il plus avantagé à l’embauche alors que les éléments qui justifient ces inégalités sont ridicules et infondées ?
« Vous êtes embauchée ! Par contre votre salaire sera 15,4% inférieur à celui de vos collègues hommes, toujours partante ? » Ce n’est plus un secret Mesdames, depuis le 5 novembre dernier à 16h47 les françaises travaillent gratuitement. Les britanniques ont un peu plus de chance puisqu’elles travaillent bénévolement depuis seulement le 14 novembre avec un salaire de 13,1% de moins que leurs collègues masculins. Les employeurs ont (bien évidement) des « explications » face à cet écart impressionnant. La première est que les femmes travaillent plus souvent à temps partiel, et lorsqu’elles ont des enfants, elles interrompent plus souvent leur carrière que les hommes. Deuxièmement, elles occupent des emplois moins valorisés, dans les domaines de la santé ou l’enseignement. Et puis il y a une très grosse part de discrimination, c’est à dire que pour un même poste, avec les mêmes qualifications, les mêmes compétences ou encore le même temps de travail, une femme gagne toujours moins qu’un homme.
L’explication rationnelle des employeurs ? Le fait que les femmes négocieraient moins bien leur salaire et n’oseraient pas demander des augmentations.
« Vous êtes embauchée ! Mais vous aurez un dress code très particulier et un traitement différent de celui des hommes. » Cette fois-ci c’est au Japon que nous partons, où l’on peut constater des discriminations effrayantes : l’interdiction des lunettes au travail. Les lunettes donneraient aux employées une expression de froideur et seraient peu féminines – c’est du moins l’excuse que certains décideurs ont répondu aux militantes énervées le mercredi 6 novembre dernier. L’interdiction des lunettes n’est pas la première politique de code vestimentaire à réveiller les foules. En juin 2019 une pétition recueillant plus de 20 000 signatures contestait le port obligatoire de talons hauts au travail. Ce mouvement s’était regroupé sous le hashtag #KuToo, jeu de mot entre le terme « kutsu» signifiant chaussure et celui « kutsū » pour la douleur.
Tant d’inégalités pour finalement peu de justifications. La lutte contre les discriminations au travail vient seulement de commencer et une vague de protestation se répand enfin à travers le monde. Les femmes se sont réveillées, il ne manque plus que les hommes. Pour citer Gloria Steinem : « Alors que nous avons le courage d’élever nos filles comme nos fils, nous avons rarement le courage d’élever nos fils comme nos filles. »
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