Par Andréia Franca
Née en 1907 à Coyoacàn, quartier bourgeois du sud de Mexico, Frida Kahlo est une artiste peintre connue pour ses oeuvres poignantes et pour son engagement politique.
Elle clame par ailleurs être née en 1910, année qui signe le début de la révolution mexicaine menée par Villa et Zapata.
Frida Kahlo a connu une vie tragique, ponctuée par la souffrance physique et morale.
A l’âge de 6 ans, elle est atteinte de poliomyélite, une paralysie spinale infantile et son pied droit ne grandira plus, entraînant la perte de l’usage de sa jambe.
Elle est une élève brillante et rêve de devenir médecin, se passionnant pour les sciences naturelles. Son père était un illustre photographe et c’est à travers lui qu’elle développe dès son plus jeune âge sa curiosité et son attirance pour les disciplines artistiques.
Sa vie bascule à l’âge de 18 ans lorsqu’un soir, alors qu’elle rentre chez elle, son bus percute un tramway de plein fouet. L’accident est grave et fait plusieurs morts.
Frida survivra malgré de terribles blessures : sa cavité pelvienne et son abdomen sont transpercés par une barre de métal, sa jambe droite est cassée à onze endroits différents alors que son bassin et sa colonne vertébrale sont brisés. S’en suit une longue et douloureuse période de convalescence ponctuée par des allers retours permanent à l’hôpital pour y subir des interventions chirurgicales. Elle restera alitée pendant des mois, le buste emprisonné dans un corset en plâtre.
C’est à cette période que Frida commence à peindre, ses proches lui installeront un chevalet sur mesure et un miroir juste au-dessus de son lit. L’idée lui vient alors de réaliser des autoportraits en se servant de son reflet. L’autoportrait tient une place très importante dans l’oeuvre de l’artiste, on en compte au moins une cinquantaine parmi l’ensemble de ses oeuvres.
Ces derniers, bouleversants, mettent en scène ses souffrances et deviennent le porte-parole de sa douleur.
En 1928, Frida Kahlo s’inscrit au Parti Communiste Mexicain et s’interroge sur la place de la femme dans la société mexicaine machiste dans laquelle elle vit. Elle veut défendre la condition et l’émancipation des femmes mexicaines et porter la voix de « cette masse silencieuse et soumise ». Elle défend ses convictions avec ardeur et provocation en bouleversant les codes : elle s’habille dans des tenues traditionnellement réservés aux hommes, elle fume, boit et affirme une sexualité ouverte et libérée.
Elle fait la rencontre de Diego Rivera, artiste peintre mexicain, la même année dans l’auditorium de son école. Frida se passionne pour l’artiste et lui demande son avis sur ses réalisations picturales. Diego est subjugué par la force et la personnalité qui émane de ses oeuvres, il les trouve authentiques, torturées et sensibles à la fois.
En août 1929, Frida et Diego se marient. Leur relation fut passionnelle, ponctuée d’infidélités mutuelles à répétition. Du fait de son accident de bus et des traumatismes subis par son bassin et son utérus, elle subira plusieurs fausses couches qui la marqueront en profondeur.
En 1930, le couple part s’installer en Californie où Frida continue à peindre. Elle y rencontre de nombreux artistes et mécènes mais à la différence de son mari, elle ne se sent pas à sa place aux Etats-Unis et ressent le besoin de rentrer au Mexique.
Elle profite alors de sa peinture pour porter des messages et nombre de ses toiles expriment son dégout pour les Etats-Unis et revendique son identité et sa culture mexicaine.

Son art est ainsi marqué par le réalisme et le symbolisme, et témoignent largement des souffrances de son corps et de son esprit. Ses oeuvres avant-gardiste sont le reflet de son existence, où elle évoque la sexualité, l’avortement, la fécondité, les souffrances physiques, morales, l’amour, la perte…
En 1933, Diego accepte de rentrer au Mexique mais Frida quitte rapidement le foyer conjugal, blessée par les infidélités de son mari, avant de revenir en 1935. Elle connaîtra également des relations extra-conjugales et affirmera sa bisexualité. On lui prête une relation avec Léon Trotski, à qui elle et son mari vont accorder l’asile politique.
Quelques années plus tard Frida Kahlo présente ses oeuvres à New York, puis à Paris où elle rencontre Picasso et Kandinsky. Elle commence à enseigner la peinture aux beaux arts mais son état de santé l’empêche de plus en plus de marcher.
A la fin des années 40, son état de santé s’aggrave et elle doit subir de nouvelles opérations qui l’obligent à être alitée. Frida plonge alors dans une profonde dépression, affaiblie par la souffrance et son destin tragique.
Elle décède d’une embolie pulmonaire en 1954. Ses cendres reposent sur son lit de la Casa Azul devenu aujourd’hui le Musée Frida Kahlo.
Féministe engagée et anticonformiste, Frida Kahlo s’est érigée au fil des années comme une véritable icône du monde artistique.
Cet article n’engage que son autrice.
