CombattanteS: après des violences, le sport pour se reconstruire

@ Film « Touchées »

Par Céléna Ouari

Mardi 28 novembre 2023, l’antenne UN Women de Sorbonne pour l’Organisation des Nations Unies a eu l’occasion d’assister à la table-ronde « Combattantes. Après des violences, le sport pour se reconstruire », organisée par la Délégation de l’Assemblée Nationale aux droits des Femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les Femmes. Cet événement a permis  à nos membres d’échanger sur le film « Touchées » avec sa réalisatrice, Alexandra Lamy, et certains de ses acteurs ainsi qu’avec des professionnels concernés par le thème de la reconstruction par le sport des Femmes victimes de violence.

« Touchées », œuvre adaptée de la bande-dessinée du même nom de Quentin Zuttion, c’est l’histoire d’un groupe de Femmes victimes de violences (conjugales, viols incestueux, agressions de rue…), de sœurs d’armes, qui tentent de se reconstruire par la pratique de l’escrime thérapeutique. Olivier Serwar, créateur de cette technique en 2011 et maître d’armes jouant dans le film, explique que les aides psychologiques ne suffisent souvent pas quand l’agression est avant tout physique et qu’il devient alors nécessaire dans le processus de guérison de passer par un traitement de la mémoire corporelle. L’escrime thérapeutique, comme tout autre pratique du sport à visée curative, devient alors un moyen de réapprendre à utiliser son corps, de reprendre confiance en lui, d’expulser le poison qui y a été infusé par l’agresseur. Elle ne prend pas la forme de cours d’auto-défense mais s’adapte aux réactions du corps pour permettre aux victimes de se sentir le plus à l’aise possible. Ce film illustre la difficulté d’effacer les réflexes de protection mis en place par le corps à la suite de violences et propose un moyen complémentaire au suivi psychologique pour permettre une meilleure guérison du traumatisme.

La projection de l’œuvre et les discussions qui ont suivies nous montrent que la reconstruction est toujours possible et qu’elle est même essentielle pour permettre aux personnes « touchées » de sortir du cercle de la violence. Parce que les Femmes victimes de violences ne sont pas des survivantes, elles sont des combattantes. Parce que l’agression ne s’arrête pas au jour où elle a lieu : elle continue chaque jour de se renouveler dans la mémoire du corps jusqu’à s’ancrer profondément dans la chair et dans l’esprit, parfois sans même s’en rendre compte. Parce que vaincre le cycle de la violence, c’est un combat qui ne s’arrête jamais mais qui libère jour après jour.

Cet article n’engage que son autrice.

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