Marsha P. Johnson naît en 1945 aux Etats-Unis, dans le New-Jersey. Elle est une figure de proue des émeutes de Stonewall de 1969, événement à l’origine des marches des fiertés (ou Pride) qu’on observe aujourd’hui dans le monde entier.
En effet, le Stonewall Inn est un bar du Greenwich Village à New-York, situé au 53, Christopher Street. Il est fréquenté en majorité par des hommes gays mais aussi des femmes lesbiennes, des personnes transgenres et des drag-queens. C’est en fait un des seuls bars de New-York où leur présence est alors tolérée. A l’époque, aux Etats-Unis, la loi interdit d’être “ouvertement” LGBTQ. Il est aussi interdit pour un bar de servir des personnes s’identifiant ou perçues comme telles. Le Stonewall In est ainsi tenu par la mafia, et son propriétaire verse régulièrement des pots-de-vin à la police. Les descentes de police sont toutefois régulières au Stonewall Inn. Mais la nuit du 27 au 28 juin 1969, c’en est trop ! La clientèle du bar se révolte, après une énième descente de police. Les émeutes de Stonewall vont durer jusqu’au 3 juillet.
A cette occasion, Marsha P. Johnson s’illustre comme une des figures marquantes d’abord de ces émeutes, puis du mouvement de libération des personnes homosexuelles et transgenres qui se structure peu à peu aux Etats-Unis. En effet, un an plus tard est organisée la Christopher Street Gay Liberation March. Rétrospectivement, c’est la première marche des fiertés.
En outre, Marsha P. Johnson rejoint le Gay Liberation Front, mouvement militant fondé à l’issue des émeutes. De plus, avec Sylvia Rivera, elle fonde également l’organisation STAR (“Street Transvestite Action Revolutionaries”)[1]. Elles ouvrent ainsi un abri accueillant de jeunes LGBT sans-abri et des travailleuses du sexe, la “STAR House”. Celui-ci ne restera cependant pas ouvert bien longtemps.
A partir des années 1987 et jusqu’à son décès, elle s’engage à ACT UP (“AIDS Coalition to Unleash Power”). Cette association de lutte contre le SIDA issue de la communauté LGBTQ naît en effet cette même année aux Etats-Unis.
Femme transgenre, Marsha P. Johnson meurt noyée en 1992 dans le fleuve Hudson. La police conclut sur des preuves insuffisantes à un suicide. Son entourage, dès le début, ne croit pas à cette hypothèse. Le meurtre ou l’accident semblaient plus plausibles, de même que la transphobie qui aurait précipité les conclusions de l’enquête policière. En 2002, une nouvelle enquête aboutit à changer la mention de la cause du décès pour «indéterminée» : à l’heure actuelle, on ne connaît toujours pas les circonstances exactes de sa mort.
Marsha P. Johnson a défendu les droits des personnes LGBTQ, des personnes sans-abri de New-York, ainsi que des personnes séropositives au moment de l’émergence de l’épidémie de SIDA. Elle était engagée au quotidien et en cela, elle est une femme inspirante.
[1] Marsha P. Johnson utilisait les termes “gay”, “drag queen” et “transvestite” pour parler d’elle-même. Le mot “transgenre” était très peu usité à l’époque où elle a vécu. Rétrospectivement, il est admis qu’elle était une femme, une femme transgenre.
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