MARIA RESSA

Par Enora Guyot

Maria Angelita Ressa née à Manille (Philippines) est une journaliste philippino-américaine et reçoit le Prix Nobel de la paix le 8 octobre 2021 au côté de Dimitri Mouratov, rédacteur en chef russe de Novaïa Gazeta (Le Monde, 2021). Après avoir mis son talent journalistique au service de CNN notamment sur les questions liées au terrorisme, Maria Ressa cocrée en 2012 son site indépendant « Rappler ». Sa carrière reflète son combat pour la liberté d’expression, l’accès à l’information et l’indépendance de la presse en s’engageant aux côtés de Reporters sans Frontières. Elle met également en lumière la menace que représentent les réseaux sociaux pour la démocratie. C’est dans cette ambition que s’inscrivent ses enquêtes accusatrices contre les violences meurtrières exercées par le gouvernement de Rodrigo Duerte, l’actuel président philippin (L’Union, 2021). La journaliste devient alors rapidement la cible des dirigeants qui, dès 2019, l’arrête.    

Maria Ressa est arrêtée à deux reprises, accusée de diffamation, de fraude fiscale et est victime d’un nombre très important de menaces en raison de ses prises de positions. Sa récompense au prix Nobel de la paix est d’autant plus symbolique qu’elle demande à plusieurs tribunaux l’autorisation d’aller chercher son prix, la journaliste étant à ce moment-là en liberté conditionnelle. Malgré la pression des autorités philippines la journaliste déclare : « C’est la meilleure époque pour être journaliste. Ces périodes où c’est le plus dangereux, ce sont les périodes où c’est le plus important » (L’Union, 2021), « Rien n’est possibles sans les faits » (AFP, 2020).

Maria Ressa est un vrai symbole de lutte pour la liberté de la presse dans un monde où les tensions sont multiples et dans un pays dirigé par un gouvernement traquant chacune de ses actions. Elle fait partie des journalistes de ce siècle qui, malgré la pression étatique ou internationale, continuent d’exercer leur mission d’information, de dénonciation afin de préserver nos droits (France 24, 2021). La journaliste explique : « Mon travail consiste à être un pilier (…) pour que nos collaborateurs puissent continuer à travailler ». (France 24, 2021).

Son implication journalistique remarquable a déjà été remarquée par le magazine Times en 2018 où elle fait partie des Personnes de l’année (France 24, 2021).

Cet article n’engage que son autrice.

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