We Are Lady Parts

Sortie en 2021, We Are Lady Parts est autant une série drôle qu’intersectionnellement féministe. 

Dans cette série britannique l’intrigue tourne autour de la musique et de la sororité : un groupe de punk féminin cherche une guitariste dans l’espoir de décrocher un concert. C’est alors qu’Amira Hussein débarque dans la vie des membres de “Lady Parts”. 

Si cette jeune étudiante chercheuse diplômée en biologie et à la recherche du grand amour se révèle rapidement être un génie de la guitare, son angoisse et sa peur viscérale de performer sur scène seront initialement un obstacle à son entreprise. 

Avec l’aide des autres membres du groupe (une chauffeuse Uber, une bouchère, une vendeuse dans un magasin de sous-vêtements et une illustratrice), Amira va dépasser sa peur et éventuellement se réaliser en tant que musicienne. 

La réalisatrice, Nida Manzoor, a elle-même grandi dans une famille pakistanaise musulmane au milieu de la musique, et met ici en scène des jeunes femmes passionnées de musique punk. La série est comparée dans la presse à Fleabag et à Ramy, pour sa représentation rafraîchissante des femmes et de la communauté musulmane à la télévision. 

À travers des personnages diverses, multidimensionnels et hauts en couleur, la série de six épisodes donne un exemple réussi de la représentation à écran : il ne s’agit pas juste de faire apparaître des personnages d’une certaine couleur de peau ou confession religieuse, mais de les faire exister de manière réaliste, complète et multidimensionnelle. 

Ainsi We Are Lady Parts se place bien loin des tentatives maladroites de la plupart des œuvres destinées à la télévision ou au grand écran qui représentent la communauté musulmane sous un angle sinon faux, du moins incomplet dans le but de choquer ou simplement par un manque inquiétant d’information. On pense bien sûr aux clichés de la femme musulmane définie par son port ou son absence de voile, souvent dépeinte comme étant oppressée par celui-ci et à la merci d’un homme, souvent défini comme un oppresseur misogyne. 

Dans We Are Lady Parts, les aspirations et sexualités des personnages, toutes musulmanes, donnent à voir une diversité qui se désintéresse de ces clichés. Si Amira recherche désespérément un mari, la leader du groupe, Saira, a du mal à se faire à l’idée que son conjoint veuille fonder une famille avec elle. Cette multiplicité des aspirations des membres du groupe est tout ce qu’il y a de plus basique, mais parvient à créer une représentation tendre et réaliste. 

Cet article n’engage que son autrice.

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