Le lait de l’oranger

Par Léna Boron

Le lait de l’oranger : le récit autobiographique d’une illustre avocate

Gisèle Halimi, grande avocate de son temps et une figure du féminisme jusqu’à sa mort, le 28 juillet 2020, était sans conteste une des femmes les plus courageuse et un véritable modèle pour les générations à venir. Elle fut non seulement à l’origine du célèbre procès de Bobigny, qui ouvrit la porte à la dépénalisation de l’avortement en France, mais elle s’engagea également activement pour la reconnaissance du viol comme crime ainsi que dans les luttes anticoloniales, levant par exemple le voile sur les actes tortures commis sur des militants du FLN durant la guerre d’Algérie.

Si Gisèle Halimi grandit dans une famille traditionnelle, elle se révolta très jeune contre les valeurs patriarcales et la différenciation avec ses frères dans son éducation. C’est ainsi qu’âgée d’à peine plus de 10 ans, elle entama une grève de la faim pour ne plus avoir à faire le lit de ses frères. Là commence son parcours militant. A 15 ans, elle veut s’”intéresser à tout : comprendre la défaite de 1940 et remonter les filières du colonialisme, prendre part aux exploits de nos héros masculins et [s]’interroger sur leur hégémonie dans l’Histoire. Cette curiosité active [la] classa dans les dissipées, les agitées, les insolentes”.

Brillante oratrice et maniant à la perfection l’art de al langue, elle écrivit de nombreux ouvrages, parmi lesquelles une autobiographie, Le lait de l’oranger, en 1988. Dans récit tant poétique qu’instructif, elle fait revivre au lecteur ses combats, ses aventures, son rapport si particulier avec son père. Entre retours en arrière et bonds dans le futur, la plus célèbre avocate du XXè siècle montre aux lecteurs à quel point il peut être périlleux de mener des batailles contre les insuffisances du droit mais aussi contre l’opinion publique. De manière émouvante et bouleversante, elle nous apprend aussi, et surtout, que lorsqu’il y a acharnement, il peut y avoir sublime réussite.

Dans ce récit, se succèdent aussi des grandes figures du XXè siècle, que Gisèle Halimi côtoyait : de Simone Veil à François Mitterrand, en passant par Camus, Sartre, de Beauvoir… Ces personnalités qui marqueront ses combats, ses pensées, sa vie.

Enfin, c’est sans honte et d’une franchise courageuse qu’elle évoque la difficulté d’allier vie professionnelle et militante et vie familiale, face à des parents parfois récalcitrants à ses engagements.

Son autobiographie est une vague de liberté, de pouvoir, de force et d’émotion.

Cet article n’engage que son autrice.

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