Par Mariana Bonvicino
Philosophe, écrivaine, éditrice, conférencière et professeure, Djamila Ribeiro est une figure montante du mouvement féministe.
Une des plus grandes penseuses du féminisme noire latino-américain, elle est née au Brésil en 1980 dans une famille modeste, marquée par l’engagement politique de son père dans le parti communiste ainsi que par son héritage religieux et culturel africain. Après avoir du arrêter ses études de journalisme à cause de la naissance de sa fille à 24, Djamila diplôme un master de philosophie à 32 ans.
Le succès de Djamila Ribeiro est dû à son engagement important sur les réseaux sociaux. Avec plus d’un million d’abonnés sur Instagram, elle utilise ces outils numériques pour aborder les questions centrales de la lutte pour l’égalité de genre et la justice raciale et sociale. Ses écrits pour des journaux et autres médias ont donné lieu à la publication de plusieurs livres, tel que La place de la parole noire, Chroniques sur le féminisme noir et Petit manuel antiraciste et féministe, traduits en de nombreuses langues. De plus, elle a créé et coordonné la collection de livres « Féminismes pluriels », écrite par nombreux.euses auteurs et autrices noir.e.s, qui y abordent des thématiques importantes pour le mouvement féministe et antiraciste, comme l’intolérance religieuse, l’intersectionnalité et l’appropriation culturelle. Djamila Ribeireo a également occupé le poste de secrétaire adjointe de droits de l’homme de la mairie de la ville de São Paulo en 2016.
« comme noire, je ne veux plus être un objet d’études, mais sujet actif de la recherche »
Djamila critique l’hégémonie de la pensée et des actions menées par les hommes blancs européens qui ont toujours essayé d’écraser la culture des pays colonisés en imposant leurs propres croyances. Dans cette réflexion, elle encourage la décolonisation des savoirs et défend une pensée intersectionnelle entre race, classe et genre. Elle met également en évidence, l’importance de valoriser le rôle de la femme noire dans la société et questionne les privilèges qui découlent du racisme structurel.
« Le racisme est un système d’oppression qui nie des droits, et non pas le simple acte de volonté d’un individu. Reconnaître le caractère structurel du racisme peut, en effet, être paralysant. Après tout, comment affronter un monstre si grand ? Cependant, ne soyons pas intimidés. La pratique antiraciste est urgente et se trouve dans les attitudes les plus quotidiennes. »
Ses nombreux travaux lui ont valu ample reconnaissance internationale, ayant notamment été mentionnée dans la liste de 100 femmes les plus influentes publiée par la BBC en 2019. Plus récemment, elle a reçu le prix franco-allemand des droits de l’homme, en reconnaissance de son travail dans le domaine de l’inégalité de genre au Brésil, en particulier en faveur des femmes noires.
Cet article n’engage que son autrice.
