Yvette Roudy est femme politique française, née le 10 avril 1929 à Pessac. Issue d’une famille ouvrière, elle est inscrite dans une école professionnelle. Elle s’inscrira par la suite aux cours du soir afin de passer son baccalauréat.
« Je viens d’un milieu modeste et je n’ai pas pu suivre d’études. Le féminisme est venu très vite, associé au socialisme qui m’a semblé aller de pair pour une société plus juste » – Yvette Roudy
En 1964, sollicitée par Colette Audry, dramaturge et militante féministe, Yvette Roudy traduit the Feminine Mystique de Betty Friedan, livre considéré comme l’un des déclencheurs de la deuxième vague féministe.
Yvette Roudy est signataire du Manifeste 343, pétition parue en 1971, appelant à la légalisation de l’avortement. Ce manifeste, signé et rédigé par Simone de Beauvoir, est, selon le titre paru à la une du magazine Le Nouvel Observateur « la liste des 343 Françaises qui ont le courage de signer le manifeste Je me suis fait avorter ». Les signataires s’exposaient ainsi à des poursuites pénales, mais aucune des signataires ne sera poursuivie. Il est suivi en 1973 d’un manifeste de 331 médecins se déclarant pour la liberté de l’avortement.
Ses convictions féministes finissent par pousser Yvette Roudy en politique.
De 1979 à 1981, elle est élue députée européenne, puis ministre des Droits de la femme entre 1981 et 1986.
Arrivée au gouvernement, elle lance une campagne pour la contraception et met en place le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.
En effet, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est légalisée par la loi Veil en 1975. Cependant, cette loi ne prévoit pas le remboursement de l’IVG. Nommée ministre des Droits de la femme après l’élection présidentielle remportée par François Mitterrand, elle élabore un projet de loi permettant le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.
Elle est également à l’origine de la loi sur l’égalité de l’homme et de la femme qui travaillent en entreprise. Cette loi a lutte contre la discrimination envers les femmes sur l’accès à l’emploi et le salaire d’un travail identique.
Afin de « commémorer la lutte des femmes pour que cessent les inégalités et discriminations dont elles sont victimes », elle fait célébrer officiellement le 8 mars, journée des droits de la femme, dès 1982, au moment de la création du ministère aux droits de la femme.
« J’aimerais qu’il n’y ait pas de journée internationale des femmes. Cela signifierait qu’il n’y a plus de discrimination et donc plus de luttes, plus de revendications, parce que les comportements sont devenus égalitaires et que tous les citoyens peuvent exercer la plénitude de leurs droits (…). C’est encore un rêve » – Yvette Roudy
À 90 ans, elle crée la Fondation Yvette Roudy afin de soutenir la cause des femmes. Encore aujourd’hui, elle n’a jamais renoncé à combattre les inégalités.
Cet article n’engage que son autrice.
