Aïssa Maïga

Par Enora Guyot

Aïssa Maïga est une réalisatrice et actrice française née au Sénégal, à Dakar, en 1975. Elle est également reconnue pour son engagement dans la lutte contre le racisme dans l’industrie du cinéma.


Fille d’un père journaliste malien exerçant en France, Aïssa grandit au sein de débats politiques affirmés et passionnées entre son père et ses amis jusqu’à ce qu’il meurt mystérieusement alors qu’elle n’avait que 8 ans. Dans une interview donnée au Monde pour le podcast Le goût de M, elle affirme qu’au côté de son père elle a acquis une fierté de son identité, de son histoire qui l’a aidé à se construire en France. A la mort de son père, elle part habiter chez son oncle et sa tante où elle comprend que malgré leur silence sur le racisme, des blessures antérieures subsistent.

Elle se fait connaître du grand public dès 2004 dans « Les Poupées Russes », la suite de « L’Auberge Espagnole » de Cédric Klapisch. C’est deux ans plus tard qu’elle obtient son premier rôle dans « Bamako » d’Abderrahmane Sissako pour lequel elle est obtient une nomination pour le César du meilleur espoir féminin.

Aïssa Maïga, « l’une des voix de l’antiracisme et du féminisme en France » (Télé-loisirs), initie le projet littéraire « Noire n’est pas mon métier » (2018) et donne la parole à 16 actrices françaises noires et métisses victimes de racisme dans le 7ème art. Elles dénoncent des rôles stigmatisants et stéréotypés, des castings fermés aux femmes noires et une évolution trop lente des codes dans le cinéma. « L’imaginaire des productions françaises est encore empreint de clichés hérités d’un autre temps », explique l’actrice Aïssa Maïga dans Le Monde. Cette puissante dénonciation se poursuit au festival de Cannes où les 17 femmes montent les marches les poings levés. La même année, Aïssa Maïga affiche son soutien et participe à la mobilisation initiée par la famille Traoré et le Comité Adama contre les violences policières.

C’est en 2020 que l’actrice marque les esprits avec sa prise de parole remarquée aux Césars. Dans son discours, elle met en exergue les discriminations subies devant un public constitué de grands noms du cinéma, d’acteurs, de réalisateurs et de producteurs. En effet, 12 personnes sur plus de 1000 dans la salle sont noires ou métisses. Comme elle le déclare dans une vidéo de LeHuffPost en mars 2021, Aïssa souhaitent être percutante voire provocante en dénonçant un malaise d’une société encore très inégalitaire, raciste et sexiste. Son engagement la conduit 1 an plus tard à sortir un film « Regard noir » reflétant le manque de diversité dans le cinéma à l’échelle mondiale et les nombreux obstacles auxquels font face les femmes noires pour pouvoir apparaître à l’écran.

Pour la réalisatrice l’année 2021 se termine avec la sortie de son long-métrage documentaire « Marcher sur l’eau », (sélection officielle pour le festival de Cannes), retraçant la vie de familles du village de Tatiste au nord du Niger, victimes du réchauffement climatique et souffrant du manque d’eau. Du point de vue d’Houlaye, adolescente de 14 ans, elle souhaite rendre hommage à son continent natal en montrant aux spectateurs le calvaire que rencontrent des familles quotidiennement en raison du changement climatique.

Ces deux combats, antiracistes et pour le climat, sont cohérents. « Il est toujours question du respect de l’Autre avec un grand A, qu’il soit une femme, un enfant, un migrant, ou même le vivant dans son ensemble » explique Aïssa Maïga pour Le Monde (Le goût de M).

Cet article n’engage que son autrice.

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