Par Camille Bouchat
Les demoiselles du téléphone : un ode à la liberté des femmes dans
la société espagnole des années 20’
« Pour une femme en 1928, la liberté était un rêve qui semblait inaccessible »
Dans un décor de société patriarcale espagnole de l’entre deux guerres, l’ouverture de la première compagnie de téléphone du pays en 1928 nécessite l’engagement massif d’opératrices téléphoniques pour relier les communications, constituant une possibilité d’émancipation par le travail pour des femmes cantonnées aux rôles de mères, épouses et ménagères.
Les demoiselles du téléphone, (Las chicas del cable en espagnol), est une série espagnole dramatique en 5 saisons créée par Ramón Campos et Gema R Neira, diffusée à partir d’avril 2017 sur Netflix. Alliant réalité historique et fiction, elle nous transporte dans le Madrid des années folles, dans un contexte de bouleversement des mœurs, de montée du féminisme ; mais aussi de montée du nationalisme et du franquisme.
Série féministe et engagée, elle met au premier plan l’histoire de quatre femmes, liées par leur travail de standardistes de téléphone, qui se battent pour le droit des femmes et pour leur indépendance. Par leurs expériences et parcours de vie, elles incarnent chacune à leur manière un stéréotype féminin et un combat féministe.
Ainsi, le personnage d’Angeles Vidal, incarnée par Maggie Civantos, représente le stéréotype de la femme soumise et battue par son mari, qui prend peu à peu conscience de sa valeur et s’émancipe. Son histoire permet alors d’aborder les thèmes du droit au divorce, des violences conjugales et du combat contre l’infériorité juridique et sociale des femmes, revendiquant notamment le droit à l’indépendance financière.
La deuxième du quatuor, Marga Suarez, interprétée par Nadia de Santiago, incarne la femme timide issue d’un milieu de campagne traditionnel, à l’image de l’arrivée massive de femmes issues des provinces pour travailler comme opératrices. Elle s’impose comme une femme de son époque, revendiquant le droit à l’accès au travail dans un milieu réservé aux hommes ; puis incarnant la résistance contre la répression de l’armée et les conditions des femmes pendant la dictature de Franco.
Carlota Rodriguez de Senillossa, jouée par Ana Fernández, est issue d’une famille aisée de la capitale. Se révoltant contre la tutelle d’un père machiste qui refuse ses choix de vie, elle incarne le combat militant pour le droit de vote et d’élection, l’homosexualité et la transidentité, portant un discours féministe novateur assumé.
Enfin, le personnage de Lidia Aguilar/Alba Romero, incarné par Blanca Suarez, est le stéréotype de la femme dont le parcours est semé de drames amoureux et passionnels. Criminelle depuis son enfance, elle est l’incarnation par excellence de la femme forte, libre, indépendante et puissante.
Véritable ode à l’émancipation des femmes et à la sororité, la série remet en avant l’identité propre des femmes à travers l’affirmation de rêves et d’aspirations qui ne sont plus conditionnés par une société patriarcale. On se laisse alors emporter dans les aventures quotidiennes entremêlées de ces personnages touchants, liés par leur amitié et leur volonté. Les thèmes féministes sont abordés avec une touche d’émotion, de romantisme et de légèreté, avec un esthétisme authentique qui nous propulse dans les années 20’. Les demoiselles du téléphone nous fait alors réfléchir sur les combats par lesquels les femmes ont dû passer pour acquérir leurs droits et leur liberté.
Si la série vous intéresse vous pouvez regarder la bande d’annonce juste ici :
https://www.youtube.com/watch?v=xJAuTZZNgo8
Cet article n’engage que son autrice.
