Par Zora Charpentier
En 1977, la photographe Cynthia MacAdams publie un livre de photographies de femmes en noir et blanc intitulé Émergence. Ces portraits, non seulement esthétiques, représentent des femmes engagées pour le féminisme.
Ce documentaire Netflix réalisé par Johanna Demetrakas retrace l’histoire de ces femmes. Elles reviennent de manière très analytique sur leur enfance, leur famille, leurs œuvres, leurs difficultés à trouver leur place en tant qu’artistes, leur histoire avec le mouvement féministe, leurs aspirations passés, présentes et futures. Elles retracent également la lutte pour l’accès à la contraception et à l’avortement.
Même s’il n’y a pas vraiment de ligne directrice, les témoignages se répondent et dialoguent. On peut entendre Judy Chicago, Jane Fonda, Phyllis Chesler, Marcy Vaj, Funmilola Fagbamila, Wendy J.N. Lee et bien d’autres.
Les femmes montrent l’importance de la sororité et de l’approche intersectionnelle du féminisme. Le mouvement est puissant quand elles unissent leurs voix.
Cependant, l’activiste Margaret Precod raconte qu’on l’a fait taire. Lors de la première conférence des femmes américaines, elle a pris le micro pour parler des problématiques des femmes racisées telle que la stérilisation forcée de femmes noires, mais on le lui a coupé car cela aurait pu mettre en danger le droit à l’avortement.
L’intersectionnalité semble être nécessaire, comme l’énonce Funmilola Fagbamila. En tant que femme noire, elle ne peut s’exprimer dans les mouvements antiracistes que comme « noire » et dans les mouvements féministes que comme « femme », mais jamais comme « femme noire ».
Ces artistes, musiciennes, réalisatrices, comédiennes, autrices sont toujours autant engagées aujourd’hui que dans les années 70. Même si les droits des femmes ont évolué positivement depuis les années 60-70, l’égalité n’est toujours pas acquise sur le plan politique, économique ou culturel et les droits acquis restent fragiles. Par exemple, aux États-Unis, l’accès à l’IVG se restreint de plus en plus dans les États conservateurs.
Cet article n’engage que son autrice.
