Un Podcast à soi

Par Paloma Feltre

A l’heure où nous replongeons toutes et tous dans un confinement qui ne révèle pas encore l’étendue de sa durée, à l’heure où les corps sont captifs mais les esprits encore bien libres, nous vous proposons de faire, façonner, amplifier, ou bien les trois à la fois, votre culture féministe.

Un Podcast à Soi, présenté par Charlotte Bienaimé, nous transporte au gré de nos envies dans l’univers de fxmmes qui font et défont les questions de genre, d’égalité et de féminisme. Le ton choisi par la journaliste est volontairement accessible et vulgarisé. Néanmoins, ce choix éditorial ne rime pas avec facilité ni simplicité, car chaque podcast est travaillé et chaque réflexion est menée avec soin et précision.

La pluralité des sujets montre une volonté de créer véritablement une théorie féministe. Il n’y a ni imposition d’un avis, ni parti pris, la journaliste opère en Voix Neutre qui écoute chacune de ses interlocutrices avec la plus grande bienveillance. Ainsi, c’est une impression de fraîcheur et de nouveauté qui se dégage de ces entrevues auditives. La parole est donnée aux prostituées, aux femmes racisées, handicapées, précaires, jeunes, vieilles, transsexuelles. Il y a ces femmes mères qui témoignent, puis celles qui ne veulent pas d’enfants par choix éthique, écologique ou bien simple refus, échappant à l’impératif de justification hyperbolique. Il y a également ces petites filles victimes d’inceste et de pédocriminalité, ces femmes victimes de viols et tout un tas de témoignages qui montrent systématiquement que ces tranches de vies semblant singulières relèvent bien d’un problème systémique. Et puis il y a ces femmes lesbiennes, asexuelles, pan, queer ou bien hétérosexuelles tentant de déconstruire la fatalité inégalitaire qui demeure autour du couple homme-femme.  Ces femmes racisées victimes de la « double-peine » de l’intersectionnalité, et ces femmes qui dénoncent les travers d’un féminisme blanc non-adapté à une sororité cosmopolite.

En bref, Un podcast à soi nous apprend à penser en sorore, à s’émouvoir en sorore et dans un temps où les murs se dressent à nouveau entre nous, cela fait du bien d’écouter, durant un peu plus d’une heure, la voix de femmes qui nous ressemblent. Cela fait du bien de s’écouter.

Cet article n’engage que son autrice.

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