Beyoncé

Par Yasmine Sidi Saïd.

Beyoncé, de son nom entier Beyoncé Giselle Knowles et surnommée « Queen B », est née à Houston, au Texas, en 1981. Cette auteur-compositrice-interprète, danseuse et actrice américaine sort à seulement 17 ans son premier album avec le groupe Destiny’s Child. Et c’est depuis ses débuts au sein du groupe qu’elle chante des titres engagés et féministes. On peut notamment citer Independent Women (2000), Survivor (2001), Girl (2004). Et lorsqu’elle se détache de son groupe 100% féminin pour continuer sa carrière en solo, la cause féministe demeure au cœur de ses chansons. Dans If I Were a boy (2008), elle dépeint l’immaturité de certains hommes, et le double standard qui existe entre une femme et un homme dans une relation amoureuse. Ce single s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.

Dans Single Ladies (2008), elle chante pour l’émancipation des femmes et dans Pretty Hurts (2013) elle dénonce le dicton « Il faut souffrir pour être belle ». Aujourd’hui, Beyoncé compte parmi les artistes ayant vendu le plus de disques lors des années 2000. Elle a même été sacrée personnalité la plus influente du monde par le magazine Time en 2014, alors qu’elle avait 32 ans. Elle est aussi politiquement engagée, et soutient depuis 2008 Barak Obama, jusqu’à sa seconde investiture, au cours de laquelle elle chante l’hymne national américain. Elle soutient ensuite Clinton en 2016 et exprime qu’elle aimerait que sa fille grandisse en voyant une femme diriger leur pays. Elle participe en 2013 à la fondation de la campagne Chime for Change, pour l’accès à l’éducation des jeunes filles à travers le monde. Et la même année, elle sort le titre Flawless (13 décembre 2013) qui inclut des extraits du discours de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie intitulé « We should all be feminists », prononcé en 2011 lors d’une conférence Ted. « On apprend aux filles à rester sages pour qu’elles ne prennent pas trop de place. On dit aux filles : ‘Tu peux avoir de l’ambition, mais pas trop. Tu peux vouloir le succès, mais pas trop, sinon tu seras une menace pour l’homme […] On apprend à nos filles à être meilleures que les autres, pas dans le travail […] mais à être parfaites aux yeux des hommes », peut-on notamment entendre dans sa
chanson.

De plus, elle écrit et publie le 12 janvier 2014 une tribune pour l’égalité des genres dans le Shriver Report, dirigé par la journaliste Maria Shriver, dans laquelle on peut lire : « Nous devons enseigner à nos garçons les règles de l’égalité et du respect afin qu’en grandissant, l’égalité entre les genres devienne un mode de vie naturel. Et nous devons apprendre à nos filles qu’elles peuvent aller aussi haut qu’il est humainement possible de le faire. Nous avons beaucoup le travail à accomplir mais nous pouvons y arriver si nous travaillons ensemble. »

Beyoncé est la première artiste au monde a avoir affiché en grosses lettres « féministe » dans son dos sur scène, lors des Video Music Awards en 2014. Mais Queen B préfère se dire humaniste parce qu’elle ne veut pas que le féminisme soit une priorité par rapport à d’autres causes comme la lutte contre le racisme. On peut noter à ce propos que la chanteuse devient en 2018 la première femme noire en tête d’affiche du festival musical Coachella. Certains pensent que Beyoncé n’est pas féministe parce qu’elle sexualise son corps, mettant en avant ses atouts physiques pour attirer, ou séduire. Mais on pourrait faire remarquer qu’au contraire, elle l’est, parce qu’elle choisit de faire ce qu’elle veut de son corps. Elle montre que les femmes ont bien le droit de revendiquer l’égalité en hauts talons. Que le féminisme ne se mesure pas en fonctions des vêtements à partir du moment où l’on a fait le choix de s’habiller comme on l’entend. On peut donc dire que Beyonce s’inscrit dans le courant du féminisme prosexe. C’est donc depuis le morceau Run the World (Girls) sorti en 2011, que Beyonce symbolise la féministe guerrière dont l’arme est sa sensualité. Selon le journaliste Daniel D’Addario, « Beyoncé n’a pas peur d’exprimer ses désirs ». Et le fait qu’elle assimile son succès à son apparence ou avec sa richesse matérielle « n’est pas anti-féministe – c’est de la vantardise, comme ce que font tout le temps les artistes masculins sans que cela soit relevé. » Finalement, si elle sexualise son image, c’est avant tout grâce à son talent et son travail qu’elle a pu avancer dans sa carrière d’artiste.


Cet article n’engage que son autrice.

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