Jacinda Ardern

Par Marie Lebrun

« En tant que petite fille, je n’ai absolument jamais grandi en me disant que mon genre allait m’empêcher d’accomplir ce que je voulais dans la vie. Après tout, je ne suis pas la première, mais la troisième femme Première ministre en Nouvelle-Zélande. » – Jacinda Ardern, Assemblée générale des Nations Unies, septembre 2018.

En se félicitant de ne pas être la première mais la troisième femme à occuper le poste de Première ministre en Nouvelle-Zélande depuis octobre 2017, Jacinda Ardern est également la deuxième femme au monde à devenir mère au cours de son mandat, après la pakistanaise Benazir Bhutto en 1990.

Aujourd’hui, l’antenne UN Women vous propose de revenir sur son parcours.

Née en 1980 à Hamilton en Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern est l’une des femmes d’Etat les plus jeunes au monde. Elle entre au Parti travailliste à 17 ans et, après avoir été diplômée en sciences politiques et relations publiques de l’Université de Waikato, décroche le poste de conseillère politique senior à Londres auprès du cabinet du Premier ministre britannique Tony Blair. Elle devient ensuite membre de la Chambre des représentants, alors âgée de seulement 28 ans. Quelques années plus tard, elle prend la tête de l’Opposition puisqu‘elle devient par la suite la plus jeune cheffe de l’histoire du Parti travailliste de Nouvelle-Zélande depuis le 1er août 2017, alors âgée de 37 ans.

Sa nomination à ce poste vaut au Parti travailliste un important succès, ses intentions de vote connaissant une augmentation significative du fait du taux de popularité de Jacinda Ardern. Sa popularité auprès de l’électorat néo-zélandais est telle que la presse locale parle d’une « Jacindamania. » Cette importante réussite lui permet de former un gouvernement de coalition et de devenir ainsi Première ministre en 2017. Outre ce poste important, Jacinda Ardern assure également les fonctions de ministre de la Sécurité nationale et du Renseignement, ministre des Arts, de la Culture et du Patrimoine, et ministre des Enfants vulnérables. Elle quitte temporairement son poste de Première ministre, à la suite de sa grossesse et de la naissance de son enfant. Son vice-président, Winston Peters, assure alors la fonction par intérim. Jacinda Ardern revient au pouvoir après une période de six semaines.

En février 2018, elle marque l’histoire de son pays en devenant la première Première ministre à participer à la Pride d’Auckland. En septembre 2018, elle assiste à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en présence de sa fille, Neve, âgée de trois mois, qu’elle tient dans ses bras. Elle est la première dirigeante à amener un bébé au sein de l’hémicycle du siège de l’ONU (Organisation des Nations Unies). Par ce geste symbolique, elle entend montrer qu’il est tout à fait possible d’occuper à la fois la fonction de Première ministre et son rôle de mère.

Le 15 mars 2019, la Nouvelle-Zélande est profondément touchée par un attentat terroriste visant les mosquées et les personnes de confession musulmane dans la ville de Christchurch. Face à l’adversité, nous pouvons souligner la compassion, l’engagement aux côtés des familles de victimes et la constance avec laquelle Jacinda Ardern surmonte cette crise nationale, qu’elle qualifie comme « l’un des jours les plus sombres qu’ait connu » le pays. Seulement dix jours après le drame, elle fait changer la législation sur les ventes d’armes.

En prônant un mandat situé à gauche de l’échiquier politique qui lutte contre la pauvreté et les discriminations, elle valorise aussi l’éducation, la santé et la transition énergétique, puisqu’elle s’engage en septembre 2019 aux côtés du Premier ministre fidjien et des Premières ministres islandaise et norvégienne dans l’Accord sur le changement climatique, le commerce international et la durabilité (Agreement on Climate Change, Trade and Sustainability).

 Particulièrement soucieuse du bien-être de sa population, elle est également engagée dans la défense des droits des femmes, en particulier en faveur de la légalisation de l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Ce dernier ayant longtemps été considéré comme un crime en Nouvelle-Zélande, il a été dépénalisé très récemment en mars 2020. En tant que féministe, Jacinda Ardern revendique des prises de position percutantes. Elle a, par exemple, fait déposer une motion anti-sexiste au Conseil communal. Dès son plus jeune âge, elle est parvenue à convaincre le conseil d’administration de son école d’autoriser le port du pantalon pour les filles.

Face à la crise sanitaire que nous traversons depuis plusieurs mois en raison de la pandémie mondiale du Covid-19, le gouvernement de Jacinda Ardern est l’un de ceux qui ont le mieux réussi à gérer la situation dans son pays. Pour tenter d’enrayer la progression du virus, elle annonce la mise en quatorzaine de toute personne entrant sur le territoire néo-zélandais dès le mois de mars. Un mois plus tard, en avril 2020, Jacinda Ardern exprime sa solidarité envers les travailleurs touchés par l’épidémie en annonçant qu’elle ainsi que l’ensemble des membres de son gouvernement renonceront à 20% de leur salaire sur une période de six mois. Pendant le confinement, elle informe régulièrement ses concitoyens de l’évolution de l’épidémie par l’intermédiaire de Facebook Live. A titre d’exemple, le 29 mai dernier, il ne restait d’ailleurs plus qu’un seul cas actif de coronavirus en Nouvelle-Zélande. Afin de relancer l’économie néo-zélandaise, la Première ministre propose même une réduction du temps de travail ainsi que des jours fériés supplémentaires. Cette gestion efficace est de ce fait grandement saluée à l’international.

Elle s’est d’ailleurs exprimée à propos de la crise mondiale en disant : « We will get through this together, but only if we stick together. Be strong and be kind. »

(Traduction française : « Nous nous en sortirons ensemble, mais seulement si nous nous serrons les coudes. Soyez forts et gentils. »)

Son moteur principal étant la gentillesse, nous comprenons parfaitement pourquoi son aura rayonne et lui vaut une telle notoriété, en Nouvelle-Zélande et dans le monde entier.

 

Cet article n’engage que son autrice.

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