Esther Duflo, Prix Nobel d’Economie

Par Camille Bourron

Esther Duflo naît le 25 octobre 1972 à Paris du mathématicien Michel Duflo et d’une mère médecin pédiatre.

A la suite de son baccalauréat, elle entre en classe préparatoire au lycée Henri-IV à Paris et se classe 4ème au concours d’entrée de l’Ecole normale supérieure en 1992, où elle étudie l’histoire. Elle obtient sa maîtrise d’histoire en 1994, après dix mois passés à Moscou et un mémoire sur le plan quinquennal de l’URSS. Sur les conseils de Thomas Piketty, elle se tourne vers l’économie appliquée et en 1996, obtient l’agrégation de sciences économiques et sociales.

Elle soutient sa thèse de doctorat au département d’économie de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) en 1999 sous la direction de l’économiste indien Abhijit V. Banerjee. Sa thèse, Three Essays in Empirical Development Economics (Trois essais sur l’économie empirique du développement), porte sur l’évaluation économique des projets de développement. La même année, elle intègre le département d’économie du MIT comme assistante professeure. Elle devient professeure associée en 2002, à l’âge de 29 ans.

Par la suite, Esther Duflo part une année en détachement à l’Université de Princeton, et se voit offrir la tenure (engagement à vie) au MIT, accédant au titre de professeure en 2004, à l’âge de 32 ans. Elle créé en 2003, avec Abhijit V. Banerjee et Sendhil Mullainathan le Poverty Action Lab, un réseau de chercheurs en économie utilisant la méthode des expériences de terrain à grande échelle pour évaluer les politiques sociales de lutte contre la pauvreté.

L’économiste obtient le prix Elaine Bennett pour la recherche de l’American Economic Association en 2002. Esther Duflo est également corédactrice des revues Review of Economics and Statistics et Journal of Development Economics. En 2007, elle est nommée rédactrice fondatrice de la revue American Economic Journal : Applied Economics.Elle multiplie alors les prix, recevant en avril 2010 la médaille John Bates Clark pour son rôle essentiel dans l’économie du développement, en recentrant cette discipline sur les questions microéconomiques et les expériences à grande échelle sur le terrain. En 2011, elle est lauréate de la médaille de l’innovation du CNRS. Le magazine américain Time la fait également figurer sur sa liste des 100 personnes les plus influentes au monde.

A la fin de l’année 2012, elle est nommée au sein du President’s Global Development Council, un organisme américain chargé de conseiller le président des Etats-Unis, alors Barack Obama, ainsi que les hauts dirigeants de l’administration, sur les questions de développement.  En 2015, elle devient codirectrice de J-Pal, laboratoire Abdul Latif Jameel d’action contre la pauvreté au MIT, dans lequel elle joue un rôle majeur du point de vue scientifique comme de celui de la gestion et de la levée de fonds. Par ailleurs, Esther Duflo détient la première chaire internationale « Savoirs contre la pauvreté » au Collège de France soutenue par l’Agence française de développement. Elle a écrit une rubrique mensuelle dans le quotidien Libération.

Membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, de l’Académie des technologies et membre correspondant du British Academy, elle siège depuis 2018 au conseil scientifique de l’Education nationale. En 2019, elle obtient le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel aux côtés de son époux Abhijit V. Banerjee et de Michael Kremer, pour leurs travaux sur la lutte contre la pauvreté. Son domaine de recherche est l’économie de développement, et plus particulièrement la santé, l’éducation, l’accès au crédit, mais également la lutte contre la corruption.

 
Quelques livres pour découvrir ses travaux :

  • Expérience, science et lutte contre la pauvreté (2009)
  • Le Développement humain. Lutter contre la pauvreté (I) (2010)
  • La Politique de l’autonomie. Lutter contre la pauvreté (II) (2010)
  • Repenser la pauvreté (2012) avec Abhijit V. Banerjee
  • Economie utile pour des temps difficiles (2019) avec Abhijit V. Banerjee

 

Cet article n’engage que son autrice.

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