Produits hygiéniques : danger pour ton corps !

Par Inès Dupuy et Aurore Poncelet 

Saviez-vous que les fabricants de serviettes et tampons hygiéniques ne sont pas tenus de préciser quelles substances ils utilisent ? Et ce, même si elles sont extrêmement dangereuses ? Face à ce manque de transparence et d’information de la part des fabricants, la sénatrice américaine Carolyn Malone a décidé de se battre et de défendre cette cause en soutenant le projet de loi « Robin Danielson », du nom d’une femme décédée à la suite de la toxicité des produits hygiéniques qu’elle portait.

Wait, what ?

Vous avez bien lu, de nombreuses marques de tampons ou de serviettes optent pour des composants véritablement nocifs pour le corps d’une femme. Ceux-ci peuvent entraîner de nombreux problèmes de santé, notamment des cancers, et même parfois une mort inattendue : on parle alors de “choc toxique”Le choc toxique est causé par une bactérie qui est naturellement présente dans l’organisme de 30 à 50% des humains : c’est le staphylocoque doré. Le choc toxique n’est pas forcément déclenché par le port d’une protection hygiénique mais par le fait de la garder au delà de la durée recommandée (souvent entre 3 à 6 heures). Ainsi la bactérie se développe dans le vagin à cause du sang stagnant à l’intérieur et où prolifèrent un nombre important de bactéries. Drainées par le sang, elles gagnent les organes vitaux comme le coeur, les poumons et les reins, et c’est là que ça se complique.

Selon Le Figaro Santé, en 2017, 23 femmes ont été touchées par cette maladie infectieuse. En décembre de la même année, la mannequin américaine Lauren Wasser, ayant été amputée d’une jambe après un premier choc toxique, en 2012, a déclaré au Washington Post qu’elle risquait de perdre son autre jambe. Depuis cet événement dramatique, les recherches sur le sujet se sont multipliées mais trop peu de femmes sont au courant de la composition des produits hygiéniques qu’elles achètent.

Comment un simple tampon peut-il être aussi nocif ?

En effet, cela semble presque inimaginable : pourtant, selon une enquête de la Répression des Fraudes, ces marques dont vous achetez les produits une fois par mois (et que nous connaissons toutes) utilisent des substances telles que les dioxines, substance cancérigène, ou des résidus de dérivés halogènes. Plus surprenant encore : ces produits ne se trouvent pas seulement dans les tampons. Les serviettes hygiéniques en contiennent également et on trouverait même des résidus de pesticides et d’insecticides. Vous trouverez ci-dessous un extrait du rapport publié sur le site de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) à propos de la sécurité des produits d’hygiène féminine. À la fin de l’article, un glossaire vous permettra d’analyser avec précision ces résultats.

“Les tampons : des traces de dioxines, de furanes et d’EOX ont été retrouvées sur les 6 références de tampons. Un seul contenait une trace d’AOX et un autre de phtalate (à un seuil non quantifiable).

Les serviettes hygiéniques : des traces d’HAPs ont été détectées dans 6 références (dont 5 non quantifiables). Une serviette contenait des traces de phtalate à un seuil non quantifiable également et une serviette « bio » portait des traces d’AMPA.

Les protège-slips : des traces d’HAPs ont été observées dans 4 protège-slips (dont 2 non quantifiables). Une référence (parfumée) contenait des traces d’un allergène (le lilial) et une autre (non parfumée), d’un résidu de pesticide (le lindane) interdit en France.”

Par ailleurs, les panneaux d’affichages Naturalia dans le métro et le RER accompagnés de slogans chocs comparant le sexe féminin à un fruit (“On ne met pas de glyphosate dans nos abricots. Ce n’est pas pour en mettre dans le vôtre.”) vous ont sûrement interpellé.e.s. En effet, la campagne lancée en octobre par cette grande enseigne de produits bio a pour but de sensibiliser les femmes (et les fabricants !) à ce sujet, preuve que les mentalités évoluent et que la santé des femmes devient (enfin) un enjeu public.

Comment est-ce possible que tous ces produits pénètrent notre organisme, et comment faire pour que ça n’arrive pas ?

Vous l’ignorez peut-être, mais la muqueuse vaginale est très absorbante. Les substances chimiques qui composent ces produits hygiéniques n’ont donc aucune difficulté à pénétrer l’organisme. Cela pose évidemment problème, car le corps féminin ne peut pas s’en débarrasser, et accumule donc toutes ces toxines dangereuses pour la santé au cours des années. 

S’il ne s’agit donc pas de bannir les protections hygiéniques dont nous ne pouvons que difficilement nous passer, certains médecins recommandent par exemple de ne garder un tampon qu’entre 4 à 6h pour éviter le risque de choc toxique. Il en va de même pour les serviettes hygiéniques. Certaines femmes optent par ailleurs pour des culottes de règles, lavables et recyclables, dont la composition est plus saine. D’autres privilégient les produits hygiéniques bio ou dont la composition n’est pas nocive pour l’organisme. Par ailleurs, la précarité menstruelle est une réalité : les femmes sans-abri en souffrent, physiquement et psychologiquement, car elles n’ont pas les moyens d’acheter des protections hygiéniques. C’est pour cette raison que, du 4 au 8 novembre, SONU Women et l’UCPH (Une couverture pour l’hiver) organisent une grande collecte de produits hygiéniques à destination des femmes sans-abri. Plus nous donnons, plus ces femmes seront en mesure de changer leurs protections hygiéniques lorsqu’il devient nécessaire de le faire, et ne mettront pas leur santé en danger. 

Glossaire

Dioxines : Classées parmi les polluants organiques persistants, elles apparaissent après des incendies ou de l’incinération des déchets industriels ou des ordures ménagères. Elles se déposent ensuite partout (végétation, eau, animaux).

EOX : Quantité d’halogènes (chlore, brome et iode)

Phtalate : Groupe de produits chimiques dérivés de l’acide ptaltique

HAPs : Hydrocarbures aromatiques polycycliques (nombreuses sources des HAP : voitures, bateaux, cigarette, chauffage, industries pétrochimiques etc)

 

Cet article n’engage que ses autrices

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