L’ONU face au réchauffement climatique

Article rédigée par Deborah Weill.

La question du réchauffement climatique est source de débats et d’inquiétudes. Cela n’a rien d’étonnant lorsque l’on considère que notre ère est celle qui se verra chargée de relever le défi environnemental en réduisant les activités humaines qui détruisent notre capital naturel. Pourtant cette transition écologique ne peut s’accomplir sans un esprit de cohésion internationale, est c’est en cela que nous plaçons beaucoup d’espoir dans l’ONU. 

Aux dernières questions que nous vous avons posées, nous constatons que plus de 70% d’entre vous nous avouent être mal informés sur les actions de l’ONU en terme écologique. Pourtant, la grande majorité d’entre vous nous ont aussi affirmé qu’ils n’étaient pas satisfaits des actions de l’ONU

Essayons donc d’observer de plus près le fonctionnement de l’ONU dans sa lutte pour la protection de l’environnement pour tenter d’en dégager les forces et les faiblesses. 

Logo du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)

Un programme des Nations Unies pour l’environnement existe depuis 1972. Créé lors de la Conférence de Stockholm sur l’environnement, ce programme, que l’on nomme PNUE ou UNEP a pour but d’assister chaque pays à mettre en œuvre des politiques favorables à la transition écologique.

Le PNUE a organisé plusieurs réunions que l’on a appelé Sommet de la Terre : en 1992 à Rio, et en 2002 à Johannesburg, mais aussi les différentes COPs (Conférence des parties) se tenant chaque année et dans lesquelles l’ensemble des pays font état de la situation et réfléchissent à des mesures qui permettraient de concilier protection des ressources naturelles, avec développement des communautés humaines.

En 2016, et pour la première fois, 195 pays des 197 reconnus par l’ONU signent l’Accord de Paris sur le climat, une signature historique puisque avant que les Etats-Unis se retirent, c’est bien la première fois qu’on arrive à regrouper autant d’Etats au sein d’un même accord.

L’accord de Paris fait suite aux négociations qui se sont tenues à la COP 21 en 2015, à Paris.

En plus de cette institution, et des différents événements organisés pour le climat, un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, appelé GIEC, a été mis en place par l’UNEP en 1988, Ce groupe rassemble plus de deux milles spécialistes de l’environnement et du changement climatique qui sont chargés d’évaluer dans une grande précision tous les cinq ans l’ampleur des transformations.

Le PNUE évalue les conditions environnementales mondiales, en plus de développer des instruments et de promouvoir le transfert des connaissances et des technologies entre les différents pays. Plus de 550 millions de dollars sont déposés chaque année en recherche sur des technologies respectueuses de l’environnement et la recherche de nouvelles sources d’énergie plus écologiques.

Pour comprendre comment ces organisations ne parviennent pas à obtenir des résultats sensibles, il faut centrer notre regard sur le prisme économique de la question. Par exemple, en 1998 lorsque le protocole de Kyoto avait tenté d’instaurer des règles contraignantes pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 5%, les Etats-Unis avaient refusé de ratifier l’accord. Un choix révélateur des difficultés d’obtenir la coopération des Etats, qui préfèrent bien souvent soutenir la croissance de leur pays.

De manière générale, les accords ratifiés par l’ensemble des pays ne soumettent pas les Etats et les laissent seuls décisionnaires des politiques environnementales à appliquer.  Le problème est que l’ONU ne peut pas mettre en place un accord contraignant qui soit ratifié par toutes les puissances les plus impliquées. D’une part, il y a les pays qui ne veulent pas s’engager pour ne pas restreindre leur potentiel de croissance économique. D’une autre, il y a aussi des États qui, au vu des efforts des autres pays, se réservent d’en faire, jugeant que l’effort de l’autre est suffisant.

Malgré toutes les propositions de l’ONU, un grand nombre de dirigeants se refusent encore à mettre en place des politiques sérieuses et adaptées à la situation. L’ONU a en réalité de nombreuses ressources qui lui ont permis de mettre en place des programmes scientifiques, technologiques, d’échange et de soutien. Pour que les améliorations soient visibles, il faut désormais que les pays appliquent avec plus de rigueur les contraintes qui leurs sont proposées. Tant que chacun tentera de préserver et maximiser ses propres intérêts, il est peu probable que l’ONU puisse imposer ses mesures. Son pouvoir est aujourd’hui dans la prévention, l’information, la recherche, et l’action, là où elle ne lui est pas refusée. 

Cet article n’engage que son autrice.

L’ONU est-elle toujours utile ?

Article rédigé par Deborah Weill.

L’ONU est-elle toujours utile ? 

Nous vous avons posé en début de semaine la question de savoir si pour vous, l’ONU nous était toujours aussi utile qu’à sa création. A cette question 35,9% d’entre-vous ont répondu « Non ». Une minorité non négligeable d’une cinquantaine de personnes qui mérite que l’on s’y intéresse.

L’ONU est une organisation qui a pour but de maintenir la paix et la sécurité internationale tout en aidant à l’amélioration économique et sociale de chaque pays. Une mission d’une telle envergure qu’il paraît impossible de la caractériser « d’inutile ». Ainsi, pour mieux comprendre vos doutes, nous vous avons demandé quelles étaient pour vous les principales faiblesses de l’ONU. 

Nombre d’entre vous ont ainsi reproché à l’ONU son organisation obsolète, allant jusqu’à parler de son incapacité à se maintenir « à la mode ». Vous avez surtout mentionné le conseil de sécurité, en affirmant qu’il n’était pensé ni d’une façon moderne, ni d’une façon démocratique. En effet, L’ONU compte bien un conseil de sécurité au centre de toutes les attentions : seuls les cinq membres permanents de ce conseil possèdent un droit de veto permettant de s’opposer à toute décision proposée par l’organisation. Certains d’entre vous ont ainsi constaté que des pays comme le Japon, l’Inde, ou encore aucun pays représentant du continent Africain ne font partis des membres permanents. Ce constat est d’ailleurs suivi de reproches, montrant que l’ONU dans ses décisions, favorise la position de certaines grandes puissances, en écartant sciemment le reste du monde des véritables décisions.

Il nous faut ajouter que certains d’entre vous nous ont confié que l’ONU ne pouvait plus être utile au regard de présence de pays dirigés par des dictateurs aux valeurs oxymorique des nôtres. Vous nous avez affirmé que l’ONU nous prouve n’avoir plus aucune force en acceptant de tolérer des actes, des valeurs ou des lois contraires aux principes de l’organisation, sans prendre de sanctions à l’égard des pays qui en sont à l’origine. 

Nous l’avons bien compris, vos reproches sont majoritairement fondés, et il nous est difficile de vous contredire sur chacun de ces points, pour vous prouver que l’ONU reste et demeure fondamentalement utile. Nous étions certains que malgré vos critiques adressées au fonctionnement immédiat de l’ONU, il ne vous était pas impossible d’admettre son utilité. Ainsi nous vous avons aussi demandé quelles étaient les forces de l’ONU. Vous nous avez tous affirmé : « Oui, l’ONU est utile, car elle permet l’échange ! »

L’organisation est majoritairement méconnue du grand public, et n’est souvent décrite que par des préjugés, et des stéréotypes sortis de leurs contextes. Pourtant ce qu’il faut retenir, et ce qu’il faut mettre en lumière, c’est la dimension d’échange qui se trouve au cœur de la pensée de l’ONU. La communication est essentielle et l’ONU se montre toujours capable de favoriser, encourager et soutenir cette condition nécessaire au progrès. 

On ne peut certainement pas reprocher à l’ONU de compter parmi ses membres des pays qui pratiquent des actions que l’on pense être aux antipodes des valeurs des nations unies. Compter parmi ses membres un dictateur est également un moyen d’assurer la sécurité internationale et surtout une forme d’égalité en droit. Ce n’est pas le dirigeant qui définit l’entièreté de son État. Son peuple, ses terres, ses ressources comptent aussi, et l’ONU doit pouvoir les défendre en gardant des opportunités d’échanger et de communiquer avec les dirigeants en question. 

En réalité, le scepticisme global quant à l’efficacité de l’ONU peut être attribué à la mauvaise volonté des dirigeants dans la pacification de l’organisation du monde. L’ONU n’a pas le pouvoir de maintenir la paix en tout temps et en tout lieu, mais elle agit, en fonction de ses moyens pour tenter de la faire prospérer. Elle est tout simplement indispensable dans ce contexte de rupture imminente. 

L’ONU n’est aussi pas responsable des nombreux crimes qui sont commis à l’encontre des droits de l’Homme, de la liberté et du bien être des peuples. Sa diversité, le caractère internationale de son existence, oblige des personnes idéologiquement opposés à se réunir autour d’une table et à échanger dans le respect des moeurs d’autrui. 

Si l’on fait preuve d’ethnocentrisme, alors dans ce cas, oui l’ONU n’est pas assez exigeante en terme de respect des droits humains tels qu’ils sont entendus en France. Mais si l’on essaye d’analyser les actions menées aux regard de la situation des Etats concernés, l’ONU réussit parfois de grandes victoires qui n’auraient été envisageable quelques années auparavant. Et lorsque l’action n’est pas immédiatement possible, l’ONU sait faire pression sur certains états, et forcer l’échange et la discussion à voir le jour. 

De plus, il ne faut surtout pas oublier les nombreux programmes que l’ONU à sut diriger pour améliorer dans l’immédiat les conditions de vie de certaines personnes et surtout dans un objectif de développement durable, celle des générations futures. Ces programmes ont à ce jour permis la construction de nombreuses infrastructures, de faciliter l’accès aux soins et à la nourriture pour des personnes dans le besoin. 

Grâce aux casques bleu également, certaines tensions et certains conflits sont évités. L’ONU veille à maintenir l’échange, même au cœur des lieux de tensions, là où le discours n’est souvent déjà plus envisagé. En somme, la mission d’échange et de discussion est bien souvent remplie et réussie par l’ONU et ses membres. 

L’ONU n’est pas parfaite. Il y a peu de chance qu’elle le soit un jour. Elle doit se repenser en permanence et s’adapter à l’évolution des contextes géopolitiques, comme tout ce qui est propre à l’humanité. Son organisation est à moderniser, mais elle est essentielle dans la défense des notions de droit, de paix, et de bien être. Elle est également la seule organisation qui devra se montrer capable de penser la question écologique, car la transition ne se fera surement pas de façon individuel aux états. 

Cet article n’engage que son autrice.